Aujourd'hui, les
berges du Rhône sont le point de rendez-vous
des joueurs de pétanque et des promeneurs.
Vous pouvez
même vous laisser tenter par une belle promenade
reliant
Soyons à Cornas, pendant laquelle vous aurez
une vue
sur Valence et le Vercors du côté Est,
et sur
le Massif de Crussol et le Pays de Crussol du côté Ouest.
Ce chemin est un ancien chemin de halage qui a conservé son
tracé depuis toujours où, plusieurs fermes, détruites
aujourd'hui, accueillaient hommes et animaux.
Aux temps antiques , les habitants des bords
du Rhône recevaient et expédiaient, par le Rhône,
diverses marchandises. Ils y trouvaient surtout, grâce à la
pêche, une partie de leur alimentation et les lavandières
y lavaient leur linge. Mais le fleuve tumultueux constituait
malgré tout
une relative difficulté aux relations entre les habitants
des deux rives.
Avant la construction d'un pont (ou lorsque que celui-ci était
inutilisable), le bac à traille permettait la traversée
du Rhône à moindre frais. Une traille
(grosse corde) fixée sur une pile de chaque côté reliait
les deux rives. Un deuxième câble était accroché à un
bac. Grâce à une poulie, il glissait sur celui
tendu au-dessus du fleuve. Le bac se déplaçait d'une
rive à l'autre à l'aide
d'un gouvernail et à la seule force du courant.
C'est à la fin du 1er siècle de
notre ère qu'un premier pont romain en bois fut
construit, reliant la basse-ville de Valence à la rive
droite du Rhône (rue Henri Dunant actuelle). Ce pont
semble avoir servi sans problème jusqu'au 5ème
siècle, époque où les invasions barbares
désorganisèrent l'administration romaine. La
voirie n'était alors plus entretenue, le pont fut
endommagé.
Au XIIIème siècle commence
la construction d'un nouveau pont de pierre à Valence.
Les travaux ne se finiront jamais, l'ébauche du pont étant
sans cesse détruite par des crues. On retrouve cependant
aujourd'hui des traces de la première pile de ce pont
médiéval sur les bords du Rhône, au niveau
du bac à traille.
Plus tard, vers 1825 , Marc Seguin construit
le premier pont suspendu entre Tournon et Tain. Les mêmes
techniques seront utilisées 4 ans plus tard pour la
construction d'un pont à péage (0,05 Frs par
personne) entre Valence et les Granges. Long de 236 m et large
de 5 m, ce pont subit deux incendies en 1835 et 1837
qui endommagent chacun un côté de celui-ci.
Ce pont suspendu donne de plus en plus de signes de fatigue
et ne suffit plus aux besoins d'un trafic croissant.
Au début du XXème siècle,
l'existence d'une piscine dans le Rhône (es bains Colombet)
attirait beaucoup de monde. De mémoire de Grangeois, "à cette époque,
chacun apprenait à nager dans le Rhône" .
Le bassin, long de 50 mètres, accueillait des compétitions
et nul ne pouvait craindre d'être emporté par
le courant, le bassin étant délimité par
des filets que l'on relevait pour repêcher les nageurs
en difficulté.
En remplacement de l'ancien, un pont de pierre est construit
30 mètres plus loin et inauguré le 13
août 1905 par le Président de la République
de l'époque, Emile Loubet. L'ancien pont suspendu sera
démoli 2 ans plus tard.
En juin 1940 , le 7e Génie
d'Avignon fait sauter 2 arches côté Valence pour
freiner l'avance allemande. La circulation est de nouveau possible
1 an après, grâce à la reconstruction de
la pile détruite et la mise en place d'un pont métallique
Pigeaud par ce même Génie. Ce pont subira de nombreux
bombardements durant la seconde guerre mondiale. Il sera
tout de même utilisé jusqu'en février
1949, date de la construction d'une passerelle provisoire.
Provisoire… pendant 17 ans ! Enfin, c'est en décembre
1966, que le pont "Frédéric Mistral" actuel
est livré à la circulation après 2 ans
de travaux. La passerelle est définitivement détruite
en 1967.
Le pont Mistral connaît un trafic routier extrêmement
important. Un 2e pont au sud de la ville de Guilherand-Granges,
le pont de Lônes, est en service depuis le début
de l'année
2005, afin de désengorger le pont Mistral et de rendre
la circulation plus fluide sur cet axe. |